"Nous apportons du recul et conseil, quel que soit le degré de maturité du projet d’installation."

Installation agricole : 4 questions à Dominique KIEFFER, Conseillère référente Installation Jeunes Agriculteurs Cerfrance Isère

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Vous envisagez de vous installer en agriculture et vous avez encore des questions concernant les démarches, formations, possibilités de financements de votre projet ?

Pour vous aider à y voir plus clair, voici 4 questions à Dominique Kieffer, Conseillère Référente Installation Jeunes Agriculteurs au sein de Cerfrance Isère.

1) Quelles sont les principales étapes à suivre pour une installation agricole et par où commencer ?

Dominique KIEFFER : « On peut commencer tout simplement par en parler avec son comptable ou avec un conseiller d’entreprise dont c’est le métier. C’est important d’en discuter le plus tôt possible, même si le projet d’installation est encore assez vague ou peu formalisé.

Par exemple, certains candidats à l’installation agricole viennent nous voir bien en amont, parfois en étant encore à la recherche d’un terrain, d’autres sont déjà dans des démarches plus avancées de reprise d’exploitation.

L’idée est d’être orienté(e) vers les bons interlocuteurs, de prendre de la hauteur, et de gagner en visibilité par rapport à la viabilité de son projet.

Chez Cerfrance Isère, nous accueillons très régulièrement de jeunes agriculteurs en réflexion sur leur installation qui ont besoin de faire le point et de mieux voir où ils en sont. Nous apportons du recul et du conseil, quel que soit le degré de maturité du projet.

Au niveau des principales étapes de l’installation agricole, il est important de déterminer d’abord si le projet requiert d’entamer des démarches administratives obligatoires, parfois longues, de type Demande d’Autorisation Préalable d’Exploiter (DAPE) par exemple.

Les critères pris en compte sont nombreux (diplôme, forme juridique, apport de foncier ou non, etc.) donc ceci se vérifie au cas par cas.

Ensuite, le porteur de projet doit également se rendre au Point Accueil Installation (PAI) de la Chambre d’Agriculture, où il se verra proposer un autodiagnostic afin d’évaluer la maturité de son projet.

Et s’il veut bénéficier des aides à l’installation, il pourra intégrer un Parcours à l’Installation, avec éventuellement des formations complémentaires à prévoir.

Ces dernières seront déterminées après l’établissement d’un bilan de compétence auprès du Centre d’Elaboration des Plans de Professionnalisation personnalisés (CEPPP). Le CEPPP accompagne les porteurs de projets pour déterminer les éventuelles compétences complémentaires à acquérir pour conforter le projet.

Dans tous les cas, tout porteur de projet demandeur de la DJA doit effectuer un « Stage 21h » obligatoire, sur trois jours, et visant à préparer l’installation en agriculture.

2) En termes d’installation agricole, quelles sont les principales aides auxquelles prétendre ?

Dominique KIEFFER : « Il existe différentes aides à l’installation agricole. Voici les principales :

L’Accompagnement pour la Préparation à l’Installation :

C’est une aide de la Région Auvergne-Rhône-Alpes avant installation qui permet de financer 80% du coût d’un accompagnement à l’installation, dans la limite de 2000€ HT.

– La Dotation Jeune Agriculteur (DJA) :

C’est un dispositif qui peut être cofinancé par le Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural (FEADER). Il est octroyé selon divers critères (notamment zone d’installation, installation dans le cadre familial ou non, montant des investissements etc.).

Pour y prétendre, il faut être âgé de moins de 40 ans et disposer d’un diplôme agricole de niveau IV au moins. À noter, ce dernier critère peut être rempli dans un second temps, par exemple par une Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) ou la reprise d’études.  

– Une Aide à la trésorerie de démarrage :

Cette aide, également possible pour les porteurs de projets qui bénéficient de la Dotation Jeune Agriculteur (DJA), émane de la Région. 

– Une Aide à l’accompagnement post installation :

Cette aide peut être financée selon certains critères (âge à l’installation, installation hors cadre familial, certains critères économiques, etc). »

3) Quelles sont les différentes formes juridiques possibles pour s’installer en agriculture ?

Dominique KIEFFER : « Le choix de la structure juridique quand on s’installe en agriculture dépend de différents facteurs. Pour conseiller les porteurs de projet sur ce point, nous partons toujours de leur situation personnelle pour proposer la solution la plus adaptée à chaque situation.

Notre valeur ajoutée chez Cerfrance Isère réside notamment dans le fait que nous recevons les candidats à l’installation dans une démarche multidisciplinaire, la plupart du temps en duo : un conseiller va aider sur l’aspect économique du projet et la cohérence avec les aspects réglementaires liés à l’installation aidée, et un conseiller juridique, va s’assurer de la cohérence du projet sur le plan juridique et fiscal.

Pour réfléchir à la forme juridique à privilégier, la première question à se poser est : « Est ce que je m’installe seul(e) ou à plusieurs ? ». Dans le cas d’une installation en solo, on peut envisager l’Entreprise Individuelle (EI) ou l’Exploitation Agricole à Responsabilité Limitée (EARL).

Si l’installation est prévue à plusieurs, il faut voir également si tous les associés seront exploitants ou non et si certains souhaitent conserver une activité extérieure. Selon les cas, on recommandera plutôt l’EARL, le Groupement Agricole d’Exploitation en Commun (GAEC), ou la Société civile d’exploitation agricole (SCEA).

Dans tous les cas, il est important de bien réfléchir et de penser son projet sur la durée, en accordant un point de vigilance particulier aux relations humaines entre associés en cas d’installation sociétaire.

En effet, il arrive qu’en allant trop vite sur cette étape, certains porteurs de projets aient à modifier les statuts de la société ou que le projet d’installation ne soit pas pérenne suite à un désaccord entre associés amenant au retrait de la société d’un ou plusieurs associés.

Cela génère des coûts de modification de statuts, de Kbis et d’enregistrement au greffe et surtout peut conduire à la remise en cause d’un projet de vie qui auraient pu être évités avec plus d’anticipation et d’échanges au démarrage. »

4) D’après votre expérience auprès des candidats à l’installation en agriculture, quelles sont les erreurs à éviter quand on envisage de se lancer ?

Dominique KIEFFER : « Je dirais : confondre vitesse et précipitation. Il est important d’avoir bien muri son projet. Il y a un temps minimum incompressible qui permet de prendre le recul nécessaire et aussi d’effectuer toutes les démarches.

Par exemple, il arrive qu’un porteur de projet estime avoir suffisamment muri les choses et se fixe une date de démarrage très rapprochée, avant de se rendre compte que les dates pour les formations complémentaires obligatoires sont difficilement compatibles avec son timing personnel.

Donc pour moi, l’un des gages de réussite d’une installation en agriculture réside dans l’anticipation et l’évocation de tous les points susceptibles de mettre en péril le projet.  D’où l’intérêt de prendre contact avec nous pour venir parler de son projet en amont !

Et même avec une bonne préparation en amont, il ne faut pas négliger l’accompagnement post installation. Les premiers mois et années après installation sont des périodes charnière pendant laquelle notre équipe peut apporter un suivi spécifique. »

Interview réalisée le 08 mars 2021.

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