Evaluation d’entreprise : en quoi elle consiste et comment bien la préparer

Différentes situations peuvent exiger d’avoir recours à une évaluation d’entreprise (reprise, cession, transmission, etc.).

Pour vous aider à bien préparer cette étape importante, voici 4 questions à Claude Chalvin, responsable d’Agence Cerfrance Isère (38).

Claude Chalvin

1) En quoi consiste une évaluation d’entreprise ? Comment cela se passe-t-il concrètement chez Cerfrance Isère ?

Claude CHALVIN : « Une évaluation d’entreprise consiste à donner une valeur à une entreprise à moment précis. Concrètement, cela veut dire fixer un prix de cession ou de rachat.

Cela peut être une opération nécessaire dans différentes situations, par exemple en cas de :

  • Cession, globale ou partielle, de l’entreprise.
  • Succession, par exemple suite au décès de l’un des associés d’une société.
  • Transmission, comme dans le cas d’un chef d’entreprise qui souhaite transmettre celle-ci à ses enfants.
  • Changement de structure d’entreprise, par exemple quand une entreprise individuelle est transformée en société ou qu’elle est amenée dans une holding.


En fait, une évaluation d’entreprise est à faire dès qu’il y a un changement au niveau de la répartition du capital d’une structure, à savoir des actionnaires ou plus globalement ceux qui en détiennent des parts.

Concrètement, chez Cerfrance Isère, nous produisons une étude signée.

Celle-ci a un caractère officiel. Il est fréquent, par exemple, qu’elle serve de base à l’Administration fiscale pour calculer les taxations et conforter leur propre estimation de la valeur de l’entreprise ».

2) Quelles sont les méthodes que vous utilisez pour évaluer une entreprise ?

Claude CHALVIN : « La valeur d’une entreprise peut être amenée à évoluer beaucoup. C’est le cas d’une année sur l’autre, mais également en fonction d’éléments extérieurs.

Pour tenir compte de ces évolutions, lorsque nous effectuons une évaluation d’entreprise, nous utilisons systématiquement plusieurs méthodes.

En fonction de l’entreprise, de son activité, de son ancienneté, nous privilégions certaines méthodes plutôt que d’autres, c’est au cas par cas.

Mais en général, nous utilisons trois à quatre méthodes d’évaluation différentes et nous obtenons une fourchette de prix.

Voici différentes méthodes d’évaluation que nous sommes amenés à utiliser :

  • La valeur patrimoniale : ceci consiste à évaluer ce qu’il y a à l’actif de l’entreprise, ce qu’elle possède.
  • La valeur de rentabilité : il s’agit là d’établir ce que l’entreprise dégage comme résultat d’exploitation et bénéfice. On vérifie qu’elle est bien viable.
  • La valeur financière : nous disposons de différents outils pour faire des projections financières, et estimer, par exemple, si le placement financier du bénéfice sur plusieurs années peut rapporter et combien.
  • La valeur fiscale : on utilise le barème de l’administration fiscale pour le type d’entreprise concerné.


Quand nous accompagnons un repreneur d’entreprise, nous calculons souvent pour lui une valeur de « reprenabilité », à savoir la valeur maximale à laquelle il peut racheter l’entreprise, en fonction de sa capacité d’emprunt par exemple. »

3) À quoi doit-on être vigilant quand on fait valoriser sa propre entreprise ou une entreprise que l’on souhaite reprendre ?

Claude CHALVIN : « Quand on évalue une entreprise, il y a plusieurs éléments à prendre en compte et points de vigilance à respecter.

En général, on étudie les trois années précédentes (bilan, compte de résultat, trésorerie, etc.). Je pense immédiatement à trois recommandations :

  • Faire attention aux années exceptionnelles: les exclure ou les pondérer fortement. Par exemple, nous avons eu le cas d’entreprises fortement touchées par la crise sanitaire de COVID (dans un sens négatif ou, au contraire, en positif).
    Ces effets conjoncturels exceptionnels doivent être corrigés pour pouvoir réfléchir à la valeur réelle et à long terme de l’entreprise.
  • Ne pas sous-estimer, ou au contraire, surestimer l’entreprise.
  • Bien prendre en compte la part d’implication du chef d’entreprise actuel. Pour les TPE-PME, il n’est pas rare que le chef d’entreprise soit très impliqué dans le fonctionnement quotidien de l’entreprise.


En cas de reprise de l’entreprise sans ce dernier, il peut être nécessaire de prévoir une embauche ou autre solution à provisionner pour assurer le fonctionnement de la structure. »

4) D’après votre expérience, en termes de valorisation d’entreprise, quels conseils pratiques donneriez-vous pour qu’une cession ou une reprise se passe au mieux ?

Claude CHALVIN : « Je donnerais trois conseils :

  • Ne pas se précipiter: dans la vie de tout chef d’entreprise, céder ou reprendre une entreprise est une étape importante qui demande, en général, d’avoir suivi un cheminement aussi bien mental que technique.

  • Bien savoir où l’on va : l’évaluation d’entreprise en elle-même n’est qu’une étape dans un projet global.

    Elle nécessite pour le repreneur d’être au clair précisément avec ce projet, et pour le cédant, d’avoir pleinement accepté et intégré les modalités de la cession ou de la transmission.

    Avoir un projet clair
    permet aussi de ne jamais perdre de vue ses objectifs.

  • Bien se faire accompagner: dans un projet de reprise ou de cession-transmission, selon le point de vue auquel on se place, la réflexion peut prendre plusieurs mois voire plusieurs années.

    Cerfrance Isère accompagne régulièrement des chefs d’entreprise dans le cadre de ce type de projet.

    Généralement, l’accompagnement se fait en équipe pour réunir l’ensemble des compétences nécessaires à l’analyse d’une situation d’entreprise :        

    • Un conseiller, chef de mission ou un expert-comptable qui réalise l’évaluation et le conseil économique
    • Un juriste-fiscaliste
    • Un juriste en droit social lorsqu’il y a des questions liées aux salariés de l’entreprise.


Une évaluation d’entreprise s’inscrit dans une démarche globale de transition que nous avons l’habitude d’accompagner. »

Interview réalisée le 24 juin 2022

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