Cession d’exploitation agricole en Isère : 3 conseils pour avancer

Transmettre son exploitation agricole ne va généralement pas de soi.
Les enjeux sont à la fois humains, économiques, financiers, patrimoniaux… alors comment s’y prendre et par où commencer ?

Article rédigé sur la base d’un entretien avec Adeline Nicolas-Brun, conseillère généraliste Cerfrance, réalisé le 11 janvier 2022.

De nombreux exploitants agricoles voient aujourd’hui la retraite se profiler. La question du devenir de l’exploitation se pose alors :

« À qui vais-je transmettre, à quel prix, à quelles conditions, vais-je vendre ou louer, transmettre au sein de la famille, vais-je céder tout ou partie des bâtiments, du matériel, du cheptel, etc. ? ».  

Fruit d’une histoire et ancrée dans un territoire, une exploitation agricole s’inscrit aussi dans un contexte économique.

En Isère, la taille moyenne des exploitations ne cesse de croître. Ceci implique des valeurs de cession en hausse et donc une plus grande tension entre la valeur réclamée par les cédants et la projection de rentabilité pour les repreneurs.    

Si vous envisagez de céder votre exploitation dans les prochaines années, voici 3 conseils pour appuyer votre réflexion.

Conseil N°1 : Anticiper sa cession d’exploitation

Une cession d’exploitation agricole repose sur un triple consensus :

- Un consensus financier :

Le prix de vente doit remplir à la fois les objectifs financiers du repreneur et ceux du cédant.

- Un consensus sur le plan humain :

Le déroulé et les modalités concrètes de la transmission doivent être précisées au maximum : présence ou non du cédant sur l’exploitation après la transmission, passation éventuelle, future façon de travailler, etc.

Il est fréquent qu’une transmission échoue parce que cédant et repreneur ont peu échangé en amont sur leur façon respective d’envisager la poursuite quotidienne des activités. 

- Une temporalité mutuelle :

Une cession d’exploitation agricole réussie ne peut se faire que si les calendriers respectifs du repreneur et du cédant coïncident.

Une transmission d’exploitation requiert de préparer de multiples aspects et de mener des démarches sur de nombreux plans : économique, fiscal, juridique, patrimonial, social (notamment si l’exploitation emploie des salariés).

Et comme pour toute transmission d’entreprise, il s’agit d’un cheminement unique, généralement sans modèle préétabli.

Tout ceci nécessite du temps. Il est donc recommandé idéalement de commencer à réfléchir à ces différents aspects 5 ans avant la cession.

LE CONSEIL d’Adeline Nicolas-Brun, Conseillère généraliste, Cerfrance :

« Bien communiquer ! »

Adeline Nicolas-Brun conseillere Cerfrance

« Dans une transmission d’exploitation, la communication entre cédant et repreneur est essentielle.

 Il est important par exemple de mettre des mots sur ce qui va se passer concrètement après la transmission. C’est souvent un facteur clé de réussite ou d’échec. 

 Mon rôle de conseillère généraliste consiste aussi à faire dialoguer les parties afin qu’un équilibre puisse être trouvé et que chacun ressorte gagnant de l’opération. »

Conseil N° 2 : Procéder par étapes

Pour vous aider à avancer dans votre réflexion, il est utile de suivre différentes étapes au fil de votre avancée :

1. Je clarifie mes conditions de départ à la retraite : date, montant de pension.

Au départ, concentrez-vous sur l’aspect « économique » de votre projet : quelles vont être vos conditions de départ à la retraite ? A quelle date pouvez-vous prendre votre retraite ? Quelle pension allez-vous percevoir ?

Il est fréquent d’avoir des surprises quand on évalue sa pension : possibilité de départ anticipé pour carrière longue, ou parfois date plus tardive qu’anticipée, montant de pension, etc.

2. Je prévois le mode de cession de mon exploitation :

Allez-vous vendre vos bâtiments, votre cheptel, votre matériel, en totalité ou en partie ? Allez-vous louer ou transmettre à titre gratuit au sein de votre famille ? Allez-vous percevoir des fermages ? De nombreuses modalités sont possibles.

3. J’effectue la valorisation de mon exploitation.

En vue de la cession, vous allez avoir besoin de fixer une valeur à votre exploitation. C’est un exercice qui prend du temps et qui aura également des impacts sur votre patrimoine, votre succession, etc.

Conseil N° Conseil N°3 : Se faire accompagner

« La force de Cerfrance dans un projet de transmission, c’est que tous les domaines de spécialités sont présents : expert-comptable, juriste, fiscaliste, expert en droit social, expert en gestion du patrimoine, etc. »

Adeline Nicolas-Brun, conseillère généraliste Cerfrance Tweet

Céder une exploitation agricole requiert donc de nombreuses compétences : comptables, juridiques, fiscales, économiques, etc.

Par ailleurs, avec la génération du babyboom partant à la retraite, de nouveaux modèles économiques ont fait leur apparition.

Par exemple, dans la filière « Noix » en Isère, de nombreuses transmissions d’exploitations se font actuellement sur des scénarios très différents pour la nouvelle génération qui reprend.

En effet, les cédants restent, très souvent, propriétaires de leurs vergers et demandent des coûts de fermage. Ceci a souvent un impact important sur la rentabilité des exploitations et nécessite des projections préalables plus précises.

Pour ces différentes raisons, il peut être très utile se faire accompagner dans la transmission de son exploitation agricole.

Dans chaque agence Cerfrance en Isère, un conseiller généraliste peut vous écouter et vous conseiller sur votre projet de cession agricole.

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